• Le 05 janvier 2015

Chateaubriand avait pour second prénom René. Re-naît. Prénom donné autrefois à celui ou celle qui venait après un disparu. Comme Chateaubriand et bien d'autres, la narratrice, qui est également l'auteure et le personnage principal de l'ouvrage, est née dans une famille où ont régné le secret d'abord, les non-dits ensuite, le savoir insu enfin. Comme pour tous les secrets, la filiation et la mort sont au coeur de ce livre qui comporte autant de chapitres que de membres d'une même famille. Cinq.
Ses cinq chapitres font aussi une place à l'écriture et ses vertus, et en particulier aux différents genres littéraires entre lesquels l'auteure oscille. L'ouvrage est avant tout un récit d'enfance qui s'engage dans un pacte de sincérité. Il est aussi autofiction, car il mélange souvenirs et imaginaire sur un passé ancien ramenant l'auteure avant sa naissance, et a parfois l'allure d'un essai quand il livre un point de vue personnel à visée réflexive. Il emprunte enfin à la nouvelle car il se présente sous la forme d'un récit court aux personnages parsemés et au dénouement préservé. Mais il est surtout un miroir pour celles et ceux qui partagent le « complexe de Chateaubriand ».